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Alors que le pays venait de proclamer son indépendance et que la présence de l’homme blanc était synonyme de privilège ,d’oppression et de domination sociale nous les enfants des villes de ce pays le CAMEROUN n’avions que l’école ,la religion ,le sport et les jeux de quartier pour nous épanouir .
les jeunes nous vivions dans la dévotion totale à notre pays ,une dévotion orchestrée par le pouvoir, l’éducation nationale et familiale, l’une des valeurs perdues, l’instruction civique était primordiale et la notion de la patrie très élevée dans chaque enfant du contingent .
Nous rêvions d’un Cameroun fort , jadis notre esprit vivait le monde extérieur comme un mythe une caverne qui ne te laissait percevoir de l’univers inconnu que l’illusion ,une image erronée de sa réalité ;
En 1963 le mouvement olympique se structure au Cameroun et permet que par la boxe le CAMEROUN s’illustre sur le plan international ,en 1966 JOSEPH BESSALA devient champion d’Afrique en 1968 il conserve son titre
Et les vedettes de football SAMUEL MBAPPE LEPPE ,MBETTE ISAAC étaient classés comme les sportifs les plus doués de notre pays après le départ des NJO LEA et NDOUMBE MONDO pour la métropole .
PELE, ce modèle si lointain était le fierté noire dans chaque esprit , le plus grand footballeur du monde ses exploits étaient racontés à l’africaine même par ceux qui ne l’avaient jamais vu , mais combien étions nous à l’avoir vu à l’œuvre pas si nombreux car quand SANTOS FC l’équipe brésilienne commence sa tournée africaine la jeunesse camerounaise rêve de se mesurer à PELE mais en vain il n'est pas du voyage ; VASCO DE GAMA l’autre club brésilien de cette époque sera battu par l’oryx de Douala
Le rêve et les clubs de notre enfance n’étaient autres que CAIMAN , ORYX ,LE DIAMANT, LE LEOPARD DE DOUALA ,LE TONNERRE DE YAOUNDE ,LE CANON ,L UNION L’AIGLE DE NKONSAMBA .
En 1965 lorsque l’oryx de douala remporte la première édition de la coupe des clubs champions tous les rêves à cette jeunesse sont alors permis , et en 1968 lorsque notre délégation se rend aux jeux olympiques JO BESSALA crée la sensation nous en étions convaincus il ne nous a pas déçu en perdant en finale , décrochant ainsi la médaille d’argent des JO 1968 c’était le première médaille olympique de notre pays ,la boxe malgré les modestes moyens de nos structures créait des vocations au sein de cette jeunesse .
Et puis en 1970 vint la 7ème édition de la CAN à Khartoum au SOUDAN la fin d’une génération de footballeurs que l’ensemble de la nation a salué, dans laquelle personne ne faisait de la résistance dans le respect de la loi des cycles nous en gardons néanmoins un symbole malgré notre élimination et nos deux victoires JEAN MARIE TSEBO joueur de l’aigle de NKONGSAMBA qui marque un but des 45 mètres .
Un point est marquant dans ce Cameroun d’hier ,les espaces de jeux pullulaient dans chaque quartier, les cours d’école n’étaient pas faits que de bâtiments de béton ,nous disposions dans la cour d’un terrain de football et d’espace ludique à l’africaine à n’en plus savoir quoi en faire et aujourd’hui pour nos enfants quel Cameroun pour demain ?
Si hier avait été aussi pauvre qu’aujourd’hui ,quelle fierté aurions nous gardé de notre jeunesse ?

La jeunesse et le sport seront placés sous la même tutelle au début des années 70 dans la recherche d’une dynamique forte pour un CAMEROUN meilleur ,les ambitions sportives de notre nation se mesuraient à l’investissement de sa jeunesse, et des hommes partout dans le pays ,la jeunesse était la réalité et le rêve de demain.
En 1971 Le canon de Yaoundé dans une dimension plus internationale que jamais est champion d’Afrique avec l’ossature de l’équipe nationale du Cameroun .
Demain est arrivé plus vite que prévu ,en 1972 avec l’organisation de la 8ème édition de la CAN ,la construction couteuse des stades nos temples d’aujourd’hui s’est faite à vitesse grand v pendant que nos lieux mythiques d’hier le stade militaire de Yaoundé, le stade AKWA à Douala ( stade Mbappè Leppé ) sont laissés à l’abandon, à la merci de l’usure ,sans restauration ni souci de classement comme monument historique, ni patrimoine national le minimum requis pour sauver notre culture ;
oh que demain a été difficile à vivre , avec l’élimination du Cameroun en demi finale de cette CAN , les scandales financiers , les sanctions et les reformes qui ont suivi avec la naissance des lions indomptables aujourd’hui fierté nationale ;
La jeunesse s’est mise au travail pour ne plus subir d’affront ,les victoires et les défaites se suivaient en 1975 JO BESSALA perdait son titre face au ghanéen EDDY BLAY , pendant que jean pierre TOKOTO capitaine de la sélection africaine survole la coupe du monde militaire avec le CAMEROUN pourtant dans les coulisses jean marie EMEBE se prépare pour l’ascension vers la première marche mondiale qu’il ne verra jamais à force de se battre tout seul sans soutien trahi par l’occident jusqu’à ce combat controversé où un taux élevé de morphine se retrouve dans ses urines lorsque groggy il déclare à la fin du combat qu’il ne savait pas là ou il se trouvait ;.
La nation elle poursuit son chemin et court vers de nouveaux titres, Le tonnerre de Yaoundé est vainqueur de la coupe africaine des clubs vainqueurs de coupe et ROGER MILLA est sacré ballon d’or africain en 1976 , les championnats nationaux toute discipline confondus sont forts et 1979 est l’année de l’apothéose de notre jeunesse sportive malgré l’élimination pour la coupe des nations 1980 par la Guinée le CAMEROUN avait atteint un niveau respectable dans notre continent le Canon de YDE avait décroché son second titre continental ,pendant que l union de Douala lui emboitait le pas, les handballeuses camerounaises étaient sacrées vice championnes d’AFRIQUE de leur discipline.
La sélection junior du Cameroun communément appelée lionceaux en 1981 se rendait en AUSTRALIE pour y disputer sa première coupe du monde , avec DJONKEP ,EBONGUE et les autres le réveil était matinal pour cause de décalage horaire tout le pays était à l’unisson derrière ses enfants sous les regard s du monde
Le soleil brillait encore sur notre jeunesse sans désir absolu de partir au loin chercher fortune ailleurs ,lorsque nous renouons avec la CAN en 1982 après 10 ans à TRIPOLI, notre pays a déjà offert à l’Afrique 3 ballons d’or France football en moins de 6 ans le tribut d’une jeunesse ambitieuse ,la qualification en coupe du monde 1982 en est le symbole ;
Si hier avait été aussi pauvre qu’aujourd’hui quelle fierté aurions nous gardé de notre passé ?
Nous n’étions pas partis à la Corogne en 1982 pour gagner la coupe du monde mais nous y sommes allés avec une certitude : que les lions indomptables version 1982 étaient la meilleure équipe nationale de football possible que Dieu pouvait offrir à une nation comme la notre ,les campagnes se sont suivies ,la première victoire en 1984 à la CAN était la consécration de la nation sportive camerounaise toute entière à travers le parcours des lions indomptables du Cameroun ;
en remportant 2 des 3 finales d’affilée disputées en 6 ans nous avions des raisons d’espérer et d’y croire les villes et les quartiers étaient garnis en terrain de jeux Douala ,la capitale économique qui a fournit aux lions indomptables version 1982 , 15 des 22 joueurs retenus pour la coupe du monde offrait à sa jeunesse une pléiade de tournois d’un quartier à l’autre de la cité littorale , YORO, quartier Congo ,l’école publique d’Akwa , De Deido , le lycée polyvalent de Bonabéri ,le camp sic bassa ,le plateau ,le camp voirie, le camp pompier pour le handball à Ngodi ,le collège de Lasalle de quoi former une jeunesse au sport ,et peu à peu la ville, victime d’une surpopulation et d’un chaos cadastral généralisé a perdu de ses foyers latents de notre culture sportive participe de l’épanouissement de la jeunesse .
mais après l'argent de JO c'est à MARTIN NDONGO EBANGA de marquer LOS ANGELES en 1984 une médaille de bronze et voila le contingent olympique en route
Après les finales de 1986 et 1988 le football se positionne de plus en plus comme valeur phare de notre nation la participation à la coupe du monde 1990 en Italie va installer dans notre réflexion une question que le nombre de participation va venir en permanence ressasser dans nos esprits surtout lorsque la mémoire nous rappelle que en 1987 le projet NJO LEA qui consistait à donner au Cameroun les moyens d’installer les bases du professionnalisme au Cameroun avec le tournoi CIFOOT malgré les banques suisses en soutien du projet et de la crédibilité de notre compatriote ,a été bloqué par l’administration jusqu’au refus de notre fédération de lui accorder le droit d’exister un homme à qui la France doit le syndicat des footballeurs professionnels L’UNFP ,un pays complexe rendu immobile comme le temps nous le précise .
Alors quel impact la coupe du monde a t- elle eu dans notre pays pour notre jeunesse à la veille de la première édition africaine en 2010 ?
Un quart de finale en 1990 en Italie ,un fiasco et un bide en 1994 ,un rendez vous truqué en 1998 et une coupe du monde inachevée et mal négociée 5 participations faisant du Cameroun la nation africaine la plus régulière à ce rendez vous des nations du monde et la 6ème en ligne de mire pour un bilan comptable peu transparent pourtant les sommes versées aux nations qui participent à cette compétition ne font que évoluer et notre progression reste exponentielle ,pourtant ce n’est pas avec ses sommes que le Cameroun règle sa dette extérieure ;
malgré la CAN 2000 et la médaille olympique en OR des footballeurs à Sydney,la moisson continue une CAN EN 2002 avant de laisser le podium à FRANCOISE MBANGO en 2004 ET 2008 EN OR le Cameroun est enfin une nation olympique hautement titrée
Un impact pauvre ,triste et désastreux en terme de rentabilité financière en terme d’investissement et d’améliorations des services en terme de qualité dans la production des spectacles , triste en terme de répercussion sociale , les jeunes qui trouvaient un moyen d’expression de leur passion dans le sport perdent foi en leur avenir un phénomène d’exode vers le nord s’installe chez nous, le vivier se vide tous les jours de ses forces et des ses talents et comme le mal n’était pas assez profond nous assistons à l’entrée en scène des agents véreux véritables cancers pour notre nation et l’avenir de notre richesse brute ,au point de nous offrir une équipe des lions indomptables sans nationaux voila l’illustre impact de nos campagnes hors mis SONG , GEREMI , SOMEN une sélection qui ne dispose dans ses rangs que des joueurs n’ayant jamais évolué en première division au Cameroun, des jeunes ayant pour la majeure partie acquis leur maturité sportive ailleurs ,loin du terroir ,oui un ressort s’est cassé ,et le panorama nous donne un niveau d’infrastructures sportives , nationale ,régionale ,départementale ,cantonale d’un constat accablant de désolation .
La jeunesse sportive est devenue comme ces bananes coupées du bananier emballées dans des cartons et qui vont murir loin de nos terres sans la valeur ajoutée du terroir ,ce parfum ,cet émanation de chez nous qui révolte un enfant quand sa nation est en péril .
Les écoles de football qui naissent dans notre pays ont coupé les sportifs de leur éducation de base faisant des potentiels modèles sociaux au créneau unique sans possibilité de reconversion et que dire des enfants sous le contrôle des agents modifient après un certain parcours scolaire leur état civil dans un but sportif comme si ce critère en était la clé des jeunes qui à la fin se retrouvent sans leurs diplômes bien que modestement déjà acquis ?
Aujourd’hui un footballeur manqué dans notre pays ou loin de nos terres est un jeune perdu car aucune formation de rattrapage ne lui aura été donné à la base , les lycées sport études ne font pas en inspiration dans notre univers , les projets de la jeunesse se tassent et notre société en pâti t
Alors quel Cameroun voulons nous demain pour nos enfants ?
Ce soir la 44ème édition de la fête de la jeunesse camerounaise va s’achever sonnant ainsi 50 ans de notre indépendance ,50 ans qui sont également passés pour la FECAFOOT en 2009 sans célébration alors qu’ hier quand l’ hymne de la jeunesse nous invitait à l’union nous étions tous attentifs à la voix de la sagesse et aujourd’hui sans réponse à nos questions ,sans terrain de jeux dans nos villes , sans inventaire réel de l'impact de nos coupes du monde pour la jeunesse camerounaise on se demande devant un tel constat ce que diront les jeunes demain des rêves de leur enfance ?
daniel NSONGO
Président de L'ASC