La dernière performance de la sélection nationale fanion a lancé un vent d'alerte dans la tanière, et ceux qui suivent le football depuis des années dans ce pays savent que les choses peuvent aller vite, très vite quand on n'est pas prévoyant et un vieux briscard Roger Milla sait de quoi il en retourne.

Une DTN qui se lâche, les joueurs sans club, les sélectionnables bannis, des binationaux non suivis, le stade de la capitale abandonné par les autorités autant des dossiers brulants qui ne peuvent que donner du grain à moudre à ceux qui sont chargés de gérer le football camerounais.

Oui, il ne saurait avoir de sanction disciplinaire sans dispositif préalable bref sans règlement intérieur. Mais la motivation de la sélection d'un joueur peut par contre ne pas répondre à des critères communs, connus ou de la volonté ou non du sélectionneur, du staff ou alors de ceux qui décident dans les couloirs. Tout cela parce qu'au Cameroun tout est compliqué et simple à la fois;

Simple parce que du jour au lendemain, tu peux être banni sans être suspendu, sans explication, et malgré la grogne du public, passer le restant de la vie au placard. Pierre Wome Nlend en sait quelque chose, Alexandre Song vient de le réaliser, Carlos Kameni aussi. Ce n'est pas de la lâcheté, mais un retour de flamme d'une hypocrisie que certains ont affiché pendant la Coupe du monde à vouloir nous faire croire que le monde était beau et que personne n'avait des problèmes avec personne. Faux, archifaux : tout le monde a menti.

C'est compliqué parce que malgré tes performances, comme courir le 100 m en moins de 10 secondes, ton cas n'inspirera point tant qu'une invisible note interne ne sera pas émise en ta faveur !

On ne construit pas une unité d'élite avec des soldats de 2e classe

A la demande de la tutelle, les trois entraineurs qui composent le staff des Lions ont quitté Paris ce lundi matin pour Yaoundé, de retour du Caire où ils ont participé à un symposium de la FIFA. Un voyage précipité pour un réunion de travail d'urgence, au cours de laquelle tout prête à croire que la question des bannis de la sélection sera à l'ordre du jour et qu'une demande d'explication sur les critères de la dernière sélection de certains éléments tant décriés par l'opinion reviendra sur la table. Des débats que nous souhaitons de tous nos vœux pour qu'il n'y ait plus de telles bévues. Roger Milla qui a toujours insisté sur la question de la discipline, a plus milité dans le sens de la paix des braves que du conflit permanent pour que l'équipe retrouve une certaine force et une harmonie. Il serait nécessaire de semer la paix car on ne bâtit pas de ponts en temps de guerre. Nos Lions Indomptables sont une unité d'élite qu'on ne construit pas avec des soldats de seconde catégorie.

Une mission pour la paix, oui, mais doit elle se faire sans impliquer les sélectionneurs ? La réponse est non. Si ce cas de figure se précisait, il ne nous restera plus qu'à déduire que la politique au Cameroun aura définitivement pris la raison du football en otage. Parce que depuis quelques temps, nous ne sommes plus à l'abri de la dérive par la calamiteuse gestion du développement du football dans notre pays, les manipulations, les trafics d'influence et les coups bas.

La programmation des évènements par la logique du fait accompli, qui veut que l'on décide d'abord et on consulte après, risque d'être mise à mal par le planning des joueurs concernés par cette mission de réconciliation. Une vraie prouesse de timing attend désormais ces envoyés spéciaux compte tenu des parties concernées, surtout dans les cas d'Eto'o ou Alexandre Song impliqués par leur club en Ligue des champions cette semaine avec 3 matches en 7 jour. Ne pouvait-on pas les convoquer en sélection lors du rassemblement de novembre pour discuter de discipline ? Quand on dit que le linge sale se lave en famille au Cameroun, allez y comprendre quelque chose !

Daniel Pascal Nsongo