● Samedi dernier, nous étions nombreux à être déçus par la défaite de l'équipe nationale du Cameroun à Praia face aux requins du cap vert (2-0). Toutefois, très peu ont été surpris par cette issue, car tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise.


Les Lions à Praia. Une unité de façade © asemana.publ.cv

Tout a déjà été dit et décrié sur le niveau de l'entraineur national Denis Lavagne depuis son hasardeuse nomination au poste de sélectionneur national, compte tenu des attentes d'une nation comme le Cameroun.

Hélas, c'est avec beaucoup de honte que toutes nos appréhensions ignorées par les instances malgré moult requêtes se sont avérées, tant dans la prestation, l'état d'esprit, les choix tactiques, que dans la coordination des Lions Indomptables. Ce qui est l'illustration d'une médiocrité difficile à défendre malgré notre béat patriotisme sur le match offert le weekend dernier par une équipe camerounaise complètement empruntée qui indéniablement se retrouve dos au mur pour la qualification de la CAN 2013.

Quand on sait depuis 2005 que les matchs couperets à Yaoundé ne nous ont pas souri en élimination directe, il y a matière à s'inquiéter au regard de la valeur de ce groupe qui végète sans âme depuis plusieurs mois empêtré dans les conflits, le chaos et l'anarchie institutionnelle des incompétents dirigeants que les textes protègent au péril de la nation.

Iya Mohamed et la politique de démantèlement et division

Depuis la dernière Coupe du monde, la Fécafoot a semé et entretenu la division des joueurs pour mieux régner. D'abord Samuel Eto'o face à un groupe de bannis, ensuite Idriss Carlos Kameni et Achille Emana déclarés persona non grata, puis à la fin Samuel Eto'o dans un groupe de bannis avec Benoît Assou-Ekotto. Ensuite Rigobert Song qui réintègre la tanière pendant la suspension d'Eto'o, et le renvoi de l'ascenseur du brassard jusqu'au clash qui a entrainé Samuel Eto'o, l'atout numéro un du Cameroun, à claquer la porte de la sélection, une rébellion jamais connue d'un Camerounais de ce niveau dans la tanière depuis 1972. De plus, quand un entraineur s'en mêle en maniant la langue de bois tout va en braille !

Faut-il recommencer à chaque fois sur des points basiques et élémentaires avec le Cameroun ? On semble se retrouver devant une politique de démantèlement fatale au redressement de notre football comme si Iya Mohamed avait choisi la stratégie de la terre brulée avant le chant du cygne.

Les Lions indomptables n'ont traditionnellement jamais plié face à une difficulté et il en sera de même, nous l'espérons, le 13 octobre prochain à Yaoundé. Mais avant cela, il y a des choses à faire, des réponses à apporter, des décisions à prendre, sinon le désaveu populaire déjà perceptible pourrait profondément ébranler notre nation .

Que fait-on de Iya Mohamed ?

Le départ immédiat de Denis Lavagne avant le match retour à Yaoundé est une nécessité de survie pour cette équipe pour créer un électrochoc, quitte à responsabiliser la DTN pour une mission commando. Ce qui ne coutera pas plus cher au contribuable camerounais.
La remise en question de la mission de Rigobert Song est également d'actualité car le bilan de ses six premiers mois d'exercice est nécessaire. D'autre part, il faut que l'on dise pourquoi le Cameroun n'a livré qu'un seul match amical en 9 mois pendant les dates FIFA ? Quels impacts les dispositions préconisées en commandement par Rigobert Song ont-elles eu sur le groupe ? Le choix des infrastructures d'entrainement étaient elles adaptés pour optimiser nos performances ? Quelle attitude adopter face au cas Samuel Eto'o ? Que fait on du président de la Fécafoot ?

La mise en quarantaine de toute l'équipe de management des Lions est possible par décision présidentielle, nonobstant les dispositions FIFA, car dans l'état actuel des choses, seul le président de la république peut apporter une solution immédiate et retentissante. Faute de quoi nous courons à la catastrophe.

Et les joueurs dans tout ça ?

Au delà des erreurs individuelles, et de la forme assez contestable de certains joueurs comme Moukandjo, Mandjeck et autres Mbia, Kameni, Ndjeng, Song, Chedjou et Nguemo dans leur rendement associé au sein d'une équipe qui se veut conquérante, la redéfinition des rôles dans ce groupe ou tout le monde est roi est primordiale. Il faut se rappeler à cet effet que ce qui est important pour une équipe nationale  de football , c'est la complémentarité des rôles de ses éléments et non l'association de noms et des clubs référant dont ils sont issus.

Le poste de latéral droit pour cela devrait être confié à un spécialiste du poste, peu importe son expérience car le choix de Mandjeck est une catastrophe et un gouffre pour notre flanc droit depuis de nombreux mois. N'y a-t-il pas de latéraux droits dans ce que nous offre le vivier local et international ? Ici, le choix inadapté du sélectionneur tient à nos yeux de la fantaisie et de la fanfaronnade pure et simple.

Maintenant, les autorités camerounaises ont 5 semaines pour répondre à la question sur les moyens à mettre en œuvre pour aller plus loin et savoir si les Lions Indomptables avec ou sans Samuel Eto'o sont capables de marquer 3 buts sans en concéder un seul devant le Cap-Vert le 13 octobre à Yaoundé. Si rien n'est fait ,alors la mort dans l'âme il faudra simplement valider la spirale de l'échec prônée par Iya Mohamed depuis 2003.

Daniel Nsongo