● Il ne fallait pas être sorcier le week-end dernier pour deviner que la quasi-totalité des « soit disant blessés » du mercredi 6 février 2013 allaient tous répondre présents dans les effectifs de leurs clubs.


Le staff complet et les joueurs incomplets à Dar-es-Salaam © Cameroon Team Press

De Makoun à Kana-Biyik, du coté de Rennes, qui ont assuré leur victoire face à Toulouse (2-0) à Nkoulou, déplacement difficile à l'ETG (1-1). De Joël Matip en difficulté avec Schalke04 du côté de Munich (0-4) à Alexandre Song avec le FC Barcelone (6-1) face à Getafe.

La liste peut être plus longue si on y rajoute le « titre de séjour » de Benoit Angwa, Achille Emana prêté à Al Wasi depuis le 24 janvier dernier en quête de temps de jeu et qui ne jouera en championnat que le 15 février 2013, c'est à dire le week end prochain face son ancien club, et Charles Itandje, le plus régulier des gardiens de buts professionnels camerounais de la saison en cours, qui jouait le samedi 9 février 2013 à 17h15 face à OFI CRETE victoire (3-1) au Toumbia stadium .

charles ITANDJE(PAOK Salonique)

Le constat des blessures diplomatiques, disons-nous, aurait donc pu être plus affligeant au sein de la tanière. Mais puisque rien ne nous surprend plus avec cette génération, les raisons ou la raison, tout est lisible dans une programmation qui ne demande que compatibilité, interopérabilité et coordination.

Il ne suffit pas d'avoir les numéros de téléphone ou la boite mail d'un joueur pour croire qu'un protocole est bouclé pour sa convocation. Avant de le convoquer il faut vérifier la compatibilité de son agenda. Ce sont des éléments qui s'expliquent devant la presse par un coach et qui se tiennent, au lieu de proposer à l'opinion publique un tissu de vils mensonges mal agencés par la fédération.

Les révélations de Samuel Eto'o ! Un Geste suicidaire

Le cas Samuel Eto'o a tourné ce weekend autour du buzz crée par ses déclarations sur une vidéo qui parcourt le monde dans laquelle il accuse les gens de la fédération de vouloir l'assassiner. Si la gravité des accusations dépassent le cadre du football et dune sélection nationale, il serait du principe et du devoir de précaution autant que du pouvoir des instances fédérales de suspendre sa participation à tout rassemblement de l'équipe nationale en application provisoire d'une procédure conservatoire pour manquement au , droit de reserve (article 13 du règlement intérieure ) imposé à tout joueur de l'équipe nationale. Une faute qui pourrait entrainer son exclusion définitive de l'équipe nationale si on s'en tenait aux textes en récidive.

Des accusations dénuées de preuves fournies et établies à la justice , que nous ne contestons pas car nous n'en savons pas d'avantage, ne restent que de simples inepties devant la loi et paranoïa devant les hommes. Ceci parce que la présence d'un gendarme devant une chambre ou dans ses déplacements personnels, est un choix personnel, ce qui n'a jamais constitué la preuve d'une tentative d'assassinat mais plutôt une simple mesure de sécurité ; ce qui n'est pas la même chose devant la loi.


Samuel Eto'o © Getty Images

En posant un tel acte, le capitaine des Lions Indomptables joue à un jeu dangereux. Car à défaut de gérer un conflit réel lié à une absence non justifiée en équipe nationale, il a choisi délibérément de poser son image en martyr, ce qui nous parait suicidaire à tout point de vue. Était-ce pour lui une façon de faire la une des journaux à la veille de la finale de la CAN, à un moment ou sa carrière lui rend moins de lueurs brillantes ?

Il ya dans la communication une barrière qui doit contrôler l'immersion de notre raison par nos émotions et nos sentiments. Samuel Eto'o a-t-il perdu sa lucidité dans le jeu de la séduction face aux internautes ? Que va-t-il maintenant se passer si la Fécafoot l'attaque en diffamation ? Ce choix nous semble être la voie institutionnelle plausible en l'espèce.

Pourquoi suspendre jusqu'en 2014 un joueur que «l'on veut assassiner» selon ses dires ?

Pourquoi lors de son rappel à la sélection contre le Cap-Vert Samuel Eto'o n'a-t-il pas dénoncé des faits d'une telle gravité et surtout soufflé un mot au Premier ministre ? Était-ce par omission ? La Justice demandera des faits, des noms et des dates. On ne paiera donc rien pour attendre à ce moment là.

Ce que nous regrettons, c'est que toute l'histoire de Samuel Eto'o avec l'équipe nationale du Cameroun se soit écrite depuis 1998 sous l'administration de ces mêmes dirigeants qu'il indexe et dont il rejette cohabitation sauf s'il s'accorde d'autres béatitudes. Il faut donc voir que nul n'est Saint dans cet univers et il y a avant tout des questions auxquelles il faut apporter des réponses.

La communauté de vie avec ces corrompus et ses présumés assassins n'a jamais déranger grand monde. Or, comment se fait-il que ce soit au jour d'aujourd'hui que la calomnie devient si dénonciatrice ?
Samuel Eto'o n'a t-il pas fait voyager ses amis au frais de la fédération, dans les avions réservés aux Lions Indomptables ? N'a-t-il pas lui-même, au sein de cette même fédération, donné un ou des avantages à des personnes dans le but de modifier leur jugement professionnel ?

Nul n'est propre dans le cambouis. Porter sur la place publique les accusations sur la corruption d'une institution à laquelle on appartient ne vaut pas dénonciation mais trahison, car elle ne répond pas à la recherche de l'intérêt général mais à la vengeance.

Hélas le public camerounais et les fans de football n'ont pas besoin de distraction inutile mais de résultats et de rêves. Donc pour notre part, en parlant de football et de l'avenir des lions indomptables, nous pensons qu'il vaut mieux aller loin avec quelques-uns que d'aller nulle part avec tout le monde. Il faut quitter le bateau à temps Capitaine, pour rester un homme d'honneur.

La lâcheté en association n'est pas un délit !

Les Lions Indomptables du Cameroun ont-ils été abandonnés à une bande d'irresponsables ? Si nous ne comprenons pas la lâcheté des hommes, il nous suffit de faire l'inventaire de leurs actions négatives pour comprendre que ce n'est pas avec eux que l'avenir s'écrit et que nos projets se dessinent. Seule la fermeté dans les réactions adaptées à leurs comportements nous permettra de faire face à leur immaturité civique.

Car la délinquance en soi ne peut que se refouler, elle ne se soigne pas et on n'en guérit jamais car elle occupe le canal non accompli de l'éducation de base. À tout moment elle peut ressurgir dans les esprits d'un sujet, peu importe son statut. Tant que l'éducation de base n'y est pas, on est exposé à un retour de flamme. Pour cette équipe nationale qui évolue sous nos yeux, toutes générations confondues, on ne peut plus laisser faire en croyant que ça va s'arranger, il faut réagir.

Tout fiasco a ses raisons mais à chacun sa raison !

Pourquoi les joueurs ont-ils tous décroché face à la Tanzanie ? Il est établi que les joueurs ne voulaient pas faire ce voyage vers la Tanzanie de par les complications liées au plan de vol ,mais aucune voix n'a osé s'élever pour le dire haut et fort , mais tout laisse à croire que tout s'est joué dans la journée du dimanche 3 février lorsque Nicolas Nkoulou s'est retrouvé face à l'incohérence de son plan de vol en contradiction totale avec son planning professionnel et ses activités à l'OM , par ce manquement un alibi légitime de réaction s'offrait à lui pour ne pas effectuer ce déplacement.

Ensuite suivra l'arrivée d'Achille Emana à Amsterdam désorienté par la dislocation de la délégation , livré à toute absence d'autorité avec un sentiment de frustration , informé de la situation du marseillais, alors que Vincent Aboubakar accepte à contre cœur le plan de vol qui les ramène avec escale vers Dar es Salam. En quittant Amsterdam pour Paris, la décision du joueur d'Al Wasi est déjà prise, il rentre à la maison.

Un fait que sait le Team Manager, mais que la fédération a minimisé dans son approche protocolaire, c'est que les joueurs professionnels ne sont pas habitués à s'occuper des problèmes secondaires autres que leur travail qui est d'être performant sur le terrain. Un minimum de confort et de respect s'impose quand il est question de manager leur coordination. Ce manquement à la tâche sera fatal au Team Manager dans ce projet de travail. De plus, sa relation avec son neveu barcelonais étant fort chaotique, ce qui n'est pas pour arranger les choses, il y a lâchage de la part d'Alexandre.

Un affront qui expose et fragilise désormais un peu plus le Team Manager, considéré comme « traître » pour avoir fait la paix avec Samuel Eto'o. Compte tenu de ces dessous, il devient facile pour tous d'évoquer des blessures diplomatiques avec l'aide des clubs à qui profitent toutes cette vague de défections.

Le comportement des hommes ne révèle que leur moralité mais pour que celle-ci s'exprime, il faut des circonstances appréciables. C'est l'organisation du match en Tanzanie, le choix du site compte tenu de la date ainsi que le manque de professionnalisme et de maitrise, qui a accéléré la chute les Lions dans une telle spirale.

Mais puisque le Cameroun a choisi de s'appuyer sur ossature d'expatriés, on se demande d'ailleurs pourquoi cet entêtement, l'organisation des matchs amicaux en date FIFA en semaine s'avère compliquée, sinon vouée à l'échec sans réflexion de fond, de coordination sur l'ensemble des paramètres. Autant de choses ont fait défaut dans la validation de la dernière sortie des lions à Dar es Salam.

Du coté des joueurs, se rendre de Paris, d'Athènes, de Londres ou de Dubaï à Dar-es-Salam en Tanzanie en temps normal, relevait déjà d'un parcours du combattant. En y associant l'effort d'acclimatation, une accumulation de fatigue liée au voyage et en pensant aux échéances des clubs engagés en compétition européenne, le choix était clair et sans équivoque : c'était la prise de risque zéro.

Pour les Lions, un projet de jeu oui, mais avec des joueurs locaux !

Le Nigeria, Champion d'afrique 2013, a fait le choix d'une sélection mixte comme la Zambie en 2012 et l'Egypte en 2006-2008-2010, en privilégiant l'émulation locale franche aux cotés de jeunes professionnels disciplinés.

Ces jeunes, qui ne demandent qu'à être façonnés par un entraineur qualifié, nous en avons au Cameroun qui peuvent bien s'amalgamer avec des têtes plus pleines. C'est dans le désordre les Joël Matip, Eric-Maxime Choupo Moting , Vincent Aboubakar, Fabrice Olinga, Allan Nyom, Jean-Armel Kana Biyik, Nicolas Nkoulou, Assou-Ekotto, Henri Bedimo, Charles Itandje, Aurélien Chedjou ou Landry Nguémo. Une base de jeunes en devenir et quelques « anciens » avec lesquels il est possible de construire sans regret un autre avenir.

À ce sujet, nous restons convaincus que le match contre la Tanzanie avec une composition de 11 joueurs locaux contre 10 professionnels jeunes, ne nous aurait pas conduit vers un fiasco avec autant de défections .

Car, entre voyager pour son pays natal afin d'y passer 3 nuits pour un match de l'équipe nationale et voyager vers un pays étranger à 14h de vol pour une nuit et un match de football, il nous paraît psychologiquement plus confortable de jouer au Cameroun. Cela aurait été moins pénible pour tous, tant pour des raisons administratives que de confort et de sérénité.

Si nous voulons reconstruire les Lions, c'est un retour aux sources que nous devons opérer avec l'émulation des joueurs locaux. Ça coute moins cher au contribuable, ça redynamiserait notre championnat et avec le retour des matchs amicaux à la maison, cela imposerait une réduction des joueurs professionnels au sein de l'effectif, et surtout l'exclusion de tous les récidivistes indisciplinés.

Daniel Pascal Nsongo