En réponse à l’appel à candidature lancé dans le but de trouver un successeur à Jean-Paul Akono, intérimaire sans contrat  sur le banc des Lions indomptables, Son excellence Roger Milla, Ambassadeur itinérant auprès de la Présidence de la République, a tenu des propos très durs et inacceptables. Une attitude irresponsable de sa part pour un binational jouissant de la double nationalité c’est curieux , au regard des combats menés de part et d’autre de la planète par des footballeurs étrangers notamment de couleur  pour combattre la xénophobie et le racisme.

Dans le contexte actuel, ces propos qui visent directement  les cadres techniques étrangers qui postulent pour entraîner la sélection camerounaise ne peuvent être tolérés, car c’est une sémantique qui ne cadre pas avec les missions et les prérogatives d’un ambassadeur et qui est en totale contradiction avec la promotion de l’image du Cameroun.

L’incitation à la haine raciale et à la violence, c’est scandaleux !

Les nombreuses sorties de route verbales du vieux lion même si elles caractérisent le tempérament sulfureux de l’icône du football camerounais,  ne font plus rire personne. Cette fois, lorsque Roger Milla déclare : « Dites à cet entraîneur qui s’apprête à débarquer au Cameroun de rebrousser chemin sinon nous allons le tabasser avant de le refouler chez lui. Nous ne pouvons pas accepter ces ennemis du pays. »

Nous disons que  ses mots et sa pensée sont tout simplement scandaleux, honteux et indignes. C’est une attitude qui relève des pratiques « maquisardes » que l’histoire de notre pays a refoulé. Que Dieu Bénisse le Cameroun !

Même si  nous partageons les luttes du Comité citoyen du redressement du football camerounais qui n a rien d'un front national , nous ne devons pas occulter le fait que par devoir et responsabilité civique, on ne peut pas inviter le public à la violence et semer  la haine de l’autre sous prétexte qu’il est étranger sur notre sol.

Nous avons des entraineurs valeureux, mais devons nous souligner qu’ils sont combattus par leurs propres compatriotes  empêtrés dans les cabales de promotion et les luttes de clans. Roger Milla  peut-il nous garantir que le racket instauré par une bonne partie de « nos » entraîneurs s’arrêtera en sélection, et que le marchandage des sélections prendra fin ?

Est-il normal que le Jeune Olinga  Fabrice se voit sucrer sa prime de sélection par les membres de la DTN avec la complicité du sélectionneur ?

Est-il normal que le président de la Fécafoot exige  150 000 $USD de rétro commissions  à un entraineur étranger  en audition avec la complicité de  la DTN ?

Est-il normal que se déplace du Cameroun vers  la France une commission aux frais du contribuable camerounais pour faire semblant de rencontrer des entraineurs étrangers alors qu’il s’agit des rendez-vous d’affaire personnels et de petits arrangements entre amis ?

Autant de combats défendables M. l’Ambassadeur, mais au loin toutes tendances xénophobes.

Par ses propos outranciers, Roger Milla choisit  ainsi la mauvaise cible, avec une pensée barbare, rétrograde qui nous ramènerait 60 ans en arrière. Bien heureusement, comme Camerounais, nous sommes nombreux à ne pas nous reconnaitre dans ce qui a été éructé par M. Milla et nous pouvons l’affirmer : le Cameroun n’est pas raciste !

Désolé votre Excellence, le Cameroun n’est pas raciste !

Combien de fois le valet va-t-il embarrassé le roi ? Qu’est ce que le Cameroun attend de son ambassadeur ? Nous pensons qu’il est temps de rappeler chacun à ses droits et devoirs. Un minimum de réserve est requis sinon on aura du mal à distinguer l’image de notre pays et la subjectivité nauséabonde de nos idoles d’hier.

Les déclarations navrantes pour cette jeunesse admirative de notre icône choquent. Une icône  qui dérape, qui se perd, échappe à la mesure de son statut ou alors n’en est pas tout simplement à la hauteur. Toute réserve faite, l’homme est il allé trop loin dans ses propos ?

«  Il dérape souvent. Cette fois-ci, il est allé encore plus loin, et c'est navrant » comme le souligne pierre Lechantre Des propos qui laisseraient à tout lecteur un sentiment de xénophobie exacerbée, une insinuation barbare. Aujourd’hui, l’image pitoyable de notre football dans le monde se conjugue également par ce genre d’ignominies.

Heureusement que le Cameroun a d’autres valeurs !