• La Coupe du monde 2014 va débuter demain jeudi 12 juin 2014 et les sélections, toutes arrivées au soir du lundi, se sont pliées hier un PCMA (Pré-control Médical Assessment) imposé par la FIFA. Un examen médical d'aptitude physique aux épreuves de cette compétition et débuter leur cycle d'acclimatation par un décrassage.

 
L'arrivée des Lions à leur hôtel à Vitoria © DR

Pour les Camerounais, afin d'amorcer l'adaptation physiologique au décalage horaire, on a déambulé dans les rues de Vitoria pour bien éliminer les tensions musculaires liées au voyage ainsi que la fatigue.

 

Durant cette compétition, toutes les équipes attendront de leurs fans et supporters un soutien inconditionnel pour porter au plus haut pendant un mois les couleurs de leur nation. Pour nous Camerounais, il en sera de même. Mais vendredi, lorsque retentira l'hymne de notre pays, qu'il ne nous vienne pas de larmes aux yeux parce que les souvenirs douloureux qui meublent notre chemin vers Natal sont nombreux.

Nous ne parlerons pas des exigences prétentieuses des Lions en matière de primes, ni de la malhonnêteté des dirigeants du football. On évitera de souligner le feuilleton des dérapages de la vie conjugale du capitaine, ni même la sortie de route incontrôlée de Jean Armel Kana Biyik. Mais si question il y a, elle est la suivante : la nation peut elle oublier en si peu de temps que samedi dernier, le Premier Ministre de notre pays a été humilié par ces hommes qui défilent sur tous les écrans du monde ?

Quant à la postérité, elle aura à s'interroger sur la définition du patriotisme dans le sport de haut niveau, sur ses apparences trompeuses aussi. Il y aura matière à écrire car le drapeau national est l'âme de notre patrie et notre hymne en est le cœur. Alors, au nom de quoi chanteront-ils l'essence de notre fierté nationale ?

Un Patriote se doit de respecter les couleurs de son drapeau

Depuis quelques années, une génération d'hommes irresponsables s'est octroyé la mission de détruire le patrimoine de notre histoire à travers le football. Des dirigeants aux joueurs, personne n'est à blanchir dans le sérail car le respect du drapeau national est par essence la marque de notre attachement à la patrie et l'empreinte d'un civisme irréprochable.

S'ils n'ont rien compris à la devise Paix-Travail-Patrie, parce que ces trois mots relèvent du charabia pour eux, pour nous, le Cameroun de nos ancêtres, il faut le respecter par-dessus tout et quelles que soient les motivations. Ce Cameroun là c'est d'abord ses armoiries, les 3P, le Pays, le Peuple et la Patrie, avant d'être les hommes.

Si aucun n'enfant n'est né avant sa mère, aucun citoyen ne saurait naître avant sa terre. Le patriotisme exige cette notion de respect de l'essence à tous, sauf aux insensés. Si les footballeurs camerounais ont lourdement failli, malgré leurs droits, autant que les dirigeants l'ont été dans leur devoir d'intégrité, qui peut nous dire en quoi la nation a-t-elle failli ?

Les Lions n'auront-ils pas eu le soutien qu'ils exigent au public ? Il faut savoir que la nation pardonne mais l'histoire n'oublie pas. Les capitaines au sein de la sélection ne sont pas seulement porte-parole des intérêts égoïstes des joueurs, mais ils se doivent d'être aussi l'incarnation souhaitée du sens de la patrie par leur exemplarité. Dans les crises traversées par les Lions depuis le changement du capitanat en 2010, nous n'avons pas vu le soleil briller dans la nuit, ni le christ réapparaitre.

Les hommes sont faits pour laisser leur nom dans l'histoire et le cycle providentiel des générations se charge de les remplacer : hier TOKOTO, MILLA, NKONO, BELL, OMAM-BIYIK et aujourd'hui ETO'O, SONG, MAKOUN, WEBO, NKOULOU. Mais désormais, qu'il revienne au Cameroun de faire des choix forts pour son équipe nationale dans sa représentativité, car ce cru des Lions 2014 est au paroxysme de l'hallucination.

Après cette Coupe du Monde, il faudra pour cela changer la responsabilité des cadres et travailler sur la responsabilité civique des hommes dans la tanière, si nous voulons arriver en 2019 forts d'une équipe respectable. Ce qui signifie en clair qu'un signal est nécessaire pour tout le monde car si on réclame tous les jours que l'élite camerounaise se doive d'être exemplaire, alors les Lions se le devraient aussi.

Avant de clamer l'union sacrée, un autre Patriotisme

Dans 48 heures, les Lions entreront en scène face au Mexique. Mais il faudra s'attendre qu'au coup d'envoi, comme à chaque fois que l'hymne appelle à l'union et que résonne la voix de la nation, c'est avec le souffle coupé et un coulis d'émotion que la nature reprendra le dessus. Ce sera toutefois au nom des valeurs de la nation que nous clamerons l'union sacrée. Parce que la citoyenneté ne se commande pas, elle doit couler comme le sang dans nos veines. Et pour les Camerounais de tous les coins de l'univers, l'appel sous les couleurs de tous les citoyens sonnera comme une réponse massive à tous les manquements, car nous sommes nés Lions. C'est notre essence, nous ne mourrons jamais cabris.

Nous souhaitons donc bonne chance aux Lions Indomptables, tous réunis sous le même drapeau. Au nom d'une autre forme de patriotisme, le peuple camerounais sera toujours là pour son équipe.

Daniel Pascal Nsongo